Conte "Tara de Venterol" ou la "légende d'Apolonie

L'Archidiacre Le Camelot
Atelier lecture " le 28 mai 2008"
Un conte pour Venterol !
L'année passée, une petite fée prénommée Jeanne est venue nous voAir. De ses pinceaux de velours elle a baptisé les cours de yoga de l'association. De somptueuses fresques furent alors couchées sur les murs de la salle en rayonnement de " La Méridienne " de Vincent Van Gogh (27 01 2007).
Quel bonheur ! Sonia en avait si souvent rêvé. Et cela à tel point qu'elles vinrent fondre et confondre les couleurs de leurs propres pinceaux. En l'espace de deux jours les fresques furent réalisées grandeur nature. Rendez-vous compte ! Pas moins de 6 m de largeur sur 3 m de hauteur. Un vrai travail d'orfèvre !

Le rêve devenait enfin réalité !
Cependant, il suintait sur les papilles de Sonia une saveur de gourmandise inachevée. Elle désirait aussi une symphonie des mots pour le Monde de Tara.
Et hier matin, au petit jour, juste quand l'aube perlait sa première rosée, un magicien est venu pointer son bâton de pèlerin sur la lisière des coteaux de Venterol. Il fut aussitôt étourdi par le ressenti de Tara et l'inspiration de son atelier de lecture.
Il proposa alors de le mettre en musique de lignes.
UNE FEE ! UN MAGICIEN ! La peinture venait de féconder le conte !
Doucement, la petite fée susurra au creux de l'oreille du magicien :
« Roulent et s'enroulent les graines du Temps au fil de ton inspiration pour faire germer de Tara Venterol les plus mirifiques de ses richesses. »
UN CONTE POUR TARA
La Magie de Venterol
Il était une fois la chanson du vent. Celle qui roule parmi les roseaux et les pattes-de-loup. Celle qui murmure, éternelle, parmi l’imaginaire et l’histoire.
Celle-ci prend sa source aux confins des Alpilles. Elle chante parmi les tiges et les pistils des fleurs jaunes. Des chamois, des lapins de garenne et même des sangliers viennent parfois y étancher leur soif. Soif de plénitude, d’évasion et de liberté parmi les processions multicolores des sabots de Vénus, des ancolies et des hélianthèmes.
La couleur or prédomine. Comme l’écrin qui brille dans le ciel. Comme l’or du temps qui nous moule. Cette chanson je l’entends encore. Elle tintine sur les berges encore peu sûres de ce lacet d’argent d’eau qui coule. Source exquise qui vient jusqu’à nos lèvres attendries et assoiffées de mille contes. Gourmandises point encore savourées. Derrière nous, un mouflon câline notre dos voûté de la chaloupe d’une de ses cornes. Son œil malicieux nous invite à pénétrer le royaume des anges. Celui qui flirte avec les lutins, les oriades, les océanides et les dryades. Ces dernières dansent à en perdre haleine autour de leur arbre totem. Et le chêne laisse tomber ses glands. Un à un. Comme s’il désirait nous conter, goutte à goutte, les saveurs et les parfums du temps qui passe. Nous voici partis à « l’Ecoute ». Les genoux repliés en tailleur, un doigt posé sur nos lèvres comme s’il enroulait encore plus le silence en nous même…
« Chut ! » Ecoutez l’histoire de Venterol, de Camelot, de ce ruisseau qui passe, qui rit, qui vit et qui dort à la fois.
Ecoutez l’histoire de cet étrange visiteur qui plane déjà par delà les Sept Merveilles du Monde déjà reconnues. Il porte le nom de l’intemporel et du proscrit. Ecoutez…écoutez l’Amour de Waddine, voyageur égaré parmi les cimes d’un bonheur qu’il engendre et sent fondre tout au fond de son cœur pour mieux le distiller au rêveur qui désire illuminer son jardin intérieur.
Merlin, lui aussi, est déjà prêt à faire vibrer la branche de gui pour rythmer la danse de la fée Viviane. Nous voici Brocéliande, nous voici Venterol ! Et Camelot n’est plus très loin de venir en arroser le Saint Graal….
Ceci est donc un conte… un rêve… une histoire qu’on aimerait décorer comme un sapin de Noël. Mais là, dans le pays des fées et des ondines il fait toujours TRES beau et Phébus y règne sans partage dans le cœur des Venterolais.
Les Chevaliers de la Table Ronde s’y sont réunis autrefois. Le saviez-vous ?
A présent, ils regardent tous cet étranger qui vient d’entrer dans leur antre presque comme un sortilège. Mais ils ne disent rien. Et Waddine va les plonger dans le fleuve qui mène jusqu’au Graal. Celui de Venterol et de sa vallée. Celui de …Camelot !
Il s’est assis sur le seul siège resté vide comme un oubli. Et il raconte;
En ce temps-là, les elfes et les sylphides vivaient dans le nid douillet des orchidées sauvages. Ourlets délicats qui parsemaient l’étang d’où allait naître …Tara !